Mercredi 11 novembre 2009
L'inattendu, Charles Juliet, P.O.L, 1992
Un enfant, petit paysan,
découvre, au travers d'anecdotes tragi-comiques, le monde des adultes. Il grandit, devient enfant de troupe, malheureux et maltraité. Il s'ouvre aussi à l'amitié, au sport et retourne à la vie
civile, désappointé, inadapté.
Charles Juliet reste fidèle à ses thèmes de prédilection. J'ai parfois eu l'impression de relire Lambeaux ou L'année de l'éveil. L'inattendu est une suite de petits textes reprenant des bouts de sa
vie, écrits dans différents styles, de différentes manières. Le narrateur n'est pas toujours le même : certains chapitres sont écrits à la première personne, d'autres à la troisième. On peut s'y
perdre. J'ai le sentiment même, que si l'on ne connait pas un peu les livres précédents de Juliet, on aura du mal à s'y retrouver. Personnellement, je n'ai pas pris autant de plaisir qu'aux autres
livres du même auteur, même si certains passages sont particulièrement réussis. Assez inégal et un peu répétitif dans le fond, moins dans la forme, ce qui sauve pour moi l'intérêt de ce livre.
Maintenant, lorsque l'on aime Juliet, on y trouvera son compte.
Par Yv
-
Publié dans : Mes lectures
-
3
-
Recommander
Les inséparables, Marie Nimier, Gallimard, 2008
Léa et la narratrice sont amies. L'auteure relate leur enfance, puis leur adolescence et en pointillé une partie de leurs vies de femmes. Elles sont inséparables petites, s'éloignent par
courts moments à l'adolescence, puis plus longuement lorsqu'elles sont adultes, chacune suivant un chemin bien distinct. Le théâtre et l'écriture pour l'une. La drogue et la prostitution
pour l'autre.
D'une belle écriture, claire, simple Marie Nimier s'étend sur son amitié avec Léa, puisque ce roman est en grande partie autobiographique. Une amitié forte, quasi exclusive, qui ne souffre
d'aucune ambiguïté. Elle dresse un constat dur, réaliste sur la vie, sur les dérives (drogues, prostitution, ...). En marge de ce constat, elle pose des questions simples, sans
détours : à quoi tient un destin ? Pourquoi l'une s'en "sort bien" et l'autre dérive dangereusement ? Léa serait-elle la face cachée -la face noire- de la narratrice, ou
vice-versa ?
Pas de réponses à ces questions dans ce livre -mon premier de cette auteure-, mais y-en-a-t-il vraiment, des réponses toutes faites à ces interrogations ? Un petit extrait pour
finir :
"J'aimais la voix trainante de Léa, ses cheveux roux, son incroyable vitalité. Nous nous comblions, est-ce qu'on peut dire cela ? Se combler, comme deux pièces de puzzle qui s'ajusteraient
parfaitement, mais ne viendraient pas de la même boîte. [...] Il n'est pas besoin d'aller très loin, parfois, pour être dans un autre monde."
Par Yv
-
Publié dans : Mes lectures
-
6
-
Recommander